Dialogue de sourds…

Nous constatons, tout comme la médecine du travail, une recrudescence de la souffrance au travail depuis plusieurs mois. Cette souffrance est liée à l’organisation du travail en général et plus particulièrement la fermeture de CPD et la « gestion » des reclassements. De plus, une salariée a fait une tentative de suicide sur le site le 23/04/2018 (voir délibération CHSCT à ce sujet). Bien que les résultats économiques soient en hausse, les salariés manifestent de plus en plus une souffrance liée à un stress croissant et une inquiétude pour l’avenir.

C’est pourquoi nous avons interpellé la direction dans différentes instances syndicales, en CE, CHSCT ainsi qu’en DP. Le CHSCT a décidé et obtenu une expertise, c’est-à-dire une enquête menée par un cabinet indépendant au sujet de la tentative de suicide de notre collègue.

À l’initiative de la CGT, tous les syndicats ont demandé une réunion de DP extraordinaire pour traiter sur le fond du stress et du mal-être au travail.

La direction, représentée par F. B., a d’abord montré des réticences à nous répondre en arguant d’un formalisme de la part de la CGT car nous avions informé l’inspection du travail de nos démarches auprès de la direction. Effectivement, contrairement aux autres organisations syndicales jusqu’à présent, notre action n’est pas de discuter seulement à huis clos avec la direction mais d’informer le personnel.

Voici les points que nous avons portés et que la direction s’est contentée « d’écouter poliment ».

  1. Offrir la possibilité au salarié convoqué à la RH d’être accompagné d’un élu quel que soit le motif de la convocation : refus de la direction
  2. Les entretiens d’évaluation de performance individuelle sont une source de stress. Nous pensons que le travail dans cette entreprise comme dans d’autres est avant tout collectif, avec des relations dans un même service et avec des collègues de services différents. C’est pourquoi nous demandons que les objectifs et l’évaluation concernant des équipes plutôt qu’un salarié.
  3. Des responsables n+1 peuvent identifier les problèmes dans leur équipe (souffrance lié à la surcharge de travail, inadéquation au poste liée à un changement de métier forcé, manque de reconnaissance…) mais n’ont aucun moyen pour les résoudre du fait de la pression de la hiérarchie et des contraintes de profits. La répartition des profits des entreprises du CAC40, dont ST fait partie, en est une explication majeure. Notre demande de plus de moyens n’a pas été prise en compte par la direction.
  4. Nous demandons à ce qu’une formation soit dispensée aux managers sur la souffrance au travail.
  5. Nous avons demandé le retour de la traçabilité des organisations des salariés répondant au questionnaire StressLab disponible à la médecine du travail du site.

Bien évidemment, cette liste n’est pas exhaustive et nous invitons tous les salariés à nous remonter leurs problèmes, ceux-ci étant malheureusement si nombreux que nous essayerons d’agir collectivement quand cela possible et si les salariés le désirent.

Voir L@ Puce à l’Oreille n°58

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