Confiance, subordination et télétravail : l’enjeu du temps et de l’espace de travail (4/4).

Comme nous l’avons vu, mettre le pied dans l’entreprise, c’est se mettre sous le pouvoir d’un autre, quelle que soit sa position dans l’entreprise (à l’exception de quelques dirigeants qui ont un statut particulier) : l’enjeu du temps que chacun passe dans l’entreprise prend alors une couleur.

Combien de temps sommes-nous prêts à octroyer à notre employeur ?

C’est un des plus gros enjeux des luttes syndicales depuis plus de 100 ans : réduire le temps de domination de l’employeur sur nos vies : réduction du temps de travail, temps de récupération, temps de congés payés, temps de repos en cas de maladie, temps pour les enfants en bas âge…

Les enjeux du temps de travail sont toujours d’actualité, et l’avenir nous dira qui sera le plus ringard : les syndicats de salariés comme l’UFICT-CGT  qui proposent les 4 jours par semaine ou les syndicats patronaux qui voudraient faire sauter les 35 h…

Que vient faire le télétravail dans tout ça ?

Le télétravail oblige donc les employeurs à revoir deux éléments fondamentaux du travail actuel :

  • Le lieu de travail
  • Le temps de travail

Le lieu de travail :

Sur le lieu de travail, le salarié se soumet, mais l’employeur a des devoirs : il doit fournir des locaux adaptés, du matériel de travail, un certain niveau de sécurité, d’hygiène, assumer les conséquences d’un accident de travail… le télétravail pose donc la question de ce transfert à domicile de ces devoirs. Or, la direction de ST ne semble pas du tout prête à faire face à ceux-ci, notamment en termes de fourniture de matériel, de frais et de suivi en cas d’accident du travail.

Quels moyens mettre en place pour que les salariés travaillent chez eux dans des conditions de travail qui ne mettent pas leur santé (physique et mentale) en danger à court terme et à long terme ?

Le temps de travail :

La direction doit faire le deuil d’avoir ses salariés sous les yeux. Tout le monde est bien conscient qu’il n’y a pas de lien direct entre temps passé sur son lieu de travail et efficacité, mais visiblement ce constat n’est pas encore fait par la direction. On peut :

  1. Être efficace sur site et buller en télétravail
  2. Buller sur site et être efficace en télétravail
  3. Être efficace sur site et en télétravail
  4. Buller sur site et en télétravail

Si de nombreux salariés pensent être plutôt dans la catégorie 3, la direction les voient surtout dans la catégorie 1 car pour elle, l’emprise mentale qu’elle veut exercer sur chacun d’entre nous pour augmenter notre productivité et notre docilité passe par une emprise physique…

Remis dans le contexte du lien de subordination, le télétravail fait ressortir des enjeux bien plus complexes et oblige aussi à avoir une réflexion sur l’espace de travail, le temps de travail et sa gestion mais aussi sur les droits et devoirs des salariés et surtout de la direction.

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